Mots d’Avril

La lumière s’allonge en rompant les torpeurs. C’est d’abord lent, juste frémissant. Puis partout, ça court, ça rampe, ça verdit, ça croît, ça foisonne, ça chuchote comme ça chante, ça souffle comme ça inspire…

Dans l’éveil de tous ses sens, Avril déploie son printemps.
Et même depuis l’autre côté des vitres, même sans le toucher vraiment, il vient éclairer nos jours confinés

Merveilleux printemps à tous,
Prenez soin de vous
Prenez soin de nous tous

Carole

 

 

Des braises de crépuscule 
Du matin de lumière

Et du vent entre les doigts

Des couleurs et de la musique
Tout ce qui frémit et respire
Les yeux clos ou grand ouverts

Des ruches au creux de soi
Des nuées de papillons
Et des frissons et des morsures

Tout ce qui vaut
D’être

 

Et si tout
Etait différent

Si rien n’était
Plus important

Si les mots
Comptaient vraiment

Si la liberté
Nous rencontrait

Si tout
Etait différent

Me retrouverais-tu

 

 

Tous les cieux comme la mer
Les lagons, certains astres
Des fleurs et des pensées
Mon cœur et même l’amour
Et jusqu’à tes prunelles
Bleuissent des miracles
Et azurent des merveilles

 

 

J’avais cru
Atteindre des destinations
Fait plusieurs fois le tour

J’avais cru
Savoir quoi vouloir
Savoir qui aimer

J’avais cru
Avoir quelques réponses
Avoir quelques certitudes

J’avais cru
Que les illusions n’étaient
Que ça

Sans croire que l’évidence
Un jour
Se croisait

 

Si ses yeux ne devaient jamais
Contempler son regard
Si sa peau ne devait jamais
Répondre à ses paumes

Si son corps ne devait jamais
Connaître sa chaleur
Si son cœur devait toujours
Etre son écho lointain

Elle sait qu’il sait
Qui elle est
Il sait qu’elle sait
Ce qui les lie

 

Aux lisières des joues qu’un sourire a fardé
Et au contour des lèvres qu’un baiser efface
Aux fragrances d’une eau qu’une peau a gardée
Et au temps d’une vie que le bonheur enlace

Des rosées aux fuchsias, des mauves aux pastels
C’est au jardin que les roses sont les plus belles

 

 

 

Et quand ton cœur s’est mis à pleuvoir
J’ai lâché mon parapluie

 

 

 

 

 

 

 

Il érode comme il se souvient
Il oublie autant qu’il enseigne
Tant de préludes et tant de fins
Toute existence vit sous son règne

Il offre tout, reprend aussi
Il équilibre toute chose enfin
Redoutable allié, fidèle ennemi
Le temps à qui tout appartient

 

 

Quand nos vents se croisent
Ils prennent à l’océan
Des bribes de route
Et d’autres espérances

Et assise sur le rebord
De la fenêtre de mes yeux
J’entends ton sourire

 

 

Voudras-tu
Mes abandons
Sans jamais
Me posséder

Sauras-tu
Ne jamais ériger
De murs
Ni de grillages

Pourras-tu
Laisser toutes
Les portes
Ouvertes

Accepter
Mes libertés
Mes évasions
Vitales

Comprendre que
Retenue
Ou captive
Je m’échappe
Ou je me meurs

 

Tu as ces mots juste posés
Ces réponses comme des baumes
Ces paroles presque caressées
Que pourraient murmurer tes paumes

Tu as ces mots qui viennent tuer
Quelques peines et d’autres doutes
Ces phrases qui savent semer
Les peurs au bord des routes

Ces mots qui retrouvent
Les miens

Rien qu’un rayon
Le frôlement d’une iris
A la résurrection
Du jour qui s’esquisse

Rien qu’un rayon
Venant percer les lames
Du volet de plomb
Des prisons d’une âme

Rien qu’un rayon
Pour terrasser le noir
Révélant toute raison
Jurant tous les espoirs

 

Une goutte de temps contre un bout de toi
Un jour, une heure, et des lieues abolies

Un reflet de bulle contre un bout de moi
De l’éphémère, de l’absolu, sans aucun mirage

Des années-lumières et des bouts de nous
Des préludes, des sourires, et du précieux déjà

 

 

Il faut de l’air, de l’eau, du pain,
Tant de choses pour vivre

Il faut de l’espoir
Pour survivre

Et juste de l’amour
Pour se sentir vivant

 

 

 

 

 

 

Je t’écrirai des lettres
Des mots plein de couleurs
Je songerai peut-être
Dans tes draps de douceur

Si le passé fait naufrage
Tes mots seront mon port
Le temps posera ses bagages
Au pied d’une aurore

 

Ces clés que je trouve pour mieux les égarer
Celles des serrures que j’avais crues ouvertes
Qui ne menaient qu’au seuil d’un ailleurs verrouillé
Seule la liberté avec mon cœur disserte

Et mon sang ralentit de ne pouvoir bouillir
Au froid de la prison dont je ne peux m’enfuir

 

 

J’ai vécu des histoires
A nourrir des mémoires
Mais tes lèvres sont
Le plus doux des oublis

J’ai croisé des matins
Mimant certains soirs
Mais tes caresses sont
La plus belle des aubes

J’ai connu des étés
Réchauffant l’hiver
Mais tes baisers sont
La plus belle des saisons

 

Qu’aurions-nous dit
Si nous avions su
Qu’il n’y aurait désormais
Que des silences

Qu’aurions-nous retenu
Si nous avions su
Qu’il n’y aurait désormais
Que des souvenirs

Qu’aurions-nous fait
Si nous avions su
Que toutes ces fois
Etaient les dernières

 

Quand la peine s’est invitée
J’ai forgé des larmes

Quand la peur s’est infiltrée
J’ai laissé courir mes fuites

Quand le silence a résonné
J’ai renoncé aux vacarmes

Quand le vent a tout soufflé
J’ai déserté ce qui m’abrite

Quand l’amour m’a regardé
J’ai contemplé ton regard

 

 

Le sang accélère
Le temps s’assoupit
Jusqu’à disparaître

Et le vertige enivre
Jusqu’à griser
La liberté

Tout se distingue
Avant de se fondre

Et le soleil glace
Et la tempête brûle
Et par chaque atome

Jusqu’aux tréfonds de l’âme
Sous la peau
Dans une larme

La vie
Explose

 

J’aurais voulu t’offrir
Mes gestes hésitants
Et tous les sourires
Pour tes yeux d’enfant

J’aurais voulu tes mains
Sur mon cœur indocile
Et poser près des tiens
Mes pas malhabiles

Contempler le beau
Les torrents, les flammes
Toi qui entends mes mots
En y lisant mon âme

 

Si tu existais
Je voudrais t’apprendre
Les vrais regards
L’essence
Et tous les respects

Si tu existais
Je voudrais t’armer
Pour la compassion
Le discernement
La résolution

Si tu existais
Je voudrais pour toi
La justesse
L’amour bien sûr

Et un monde
Qui n’existe pas

Tu n’existes pas
Car le monde
M’a convaincue
Que tu pleurerais
De voir
Ce qu’on en fait

Que je ne pouvais
T’imposer
Tant de choses à combattre

Que l’amour
Ne suffit pas toujours

Comme j’aurais voulu
Que ce monde qui n’existe pas
Existe
Pour que tu existes
Aussi

Toi qui me manques
Sans exister

 

Il est des nuits
De peine solitaire
De larmes et de cris
Qui resteront sous terre

Il est des nuits
De manque et de trop
Noires de mélancolie
Sans trace de repos

Il est des nuits
Sans étoile, sans boussole
Où des musiques de pluie
Apaisent mais ne consolent

 

Nous nous sommes touchés
Du bout des mots
Avec ces mots
Au bord du cœur
Avec ce cœur
Au bord des flots
Et ces flots
Au bout d’un quai
Un quai au bout
De mes amarres
J’aurais aimé
Monté à bord
Et voguer jusque
Au bout du monde

 

Me feras-tu
Danser encore
Quand nos pas auront usé la piste

Ecouteras-tu
Toujours ma musique
Quand tu l’auras cent fois entendue

Désireras-tu
Une autre fois mon corps
Quand tu l’auras tant serré

Sauras-tu
Nos renouveaux
Quand tu m’auras tant perdue

 

 

 

Et la nuit comme le jour
On ne saura jamais
Entre quelle aube
Et quel couchant
L’on s’éveille

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