Mots d’Avril

Avril, le réveil de la nature, la fin de la rigueur hivernale, la clémence tant attendue du ciel,  la verdure qui initie son retour sur la pointe des pieds, avant de se laisser aller crescendo vers une totale explosion…

Le temps des renaissances… Inévitablement, source d’inspiration.

Voici donc une sélection soigneuse et non exhaustive de certains de mes petits mots, bouts de prose printanière, publiés au jour le jour sur Twitter durant ce beau mois d’avril.

En hommage à Hemingway, le « #6mots » sur le réseau social Twitter est un partage de phrases constituées, comme son nom l’indique, de six mots uniquement, ni plus, ni moins.
Des morceaux de pensées, brefs, cocasses, drôles, sans queue ni tête, qui parfois se répondent entre différents auteurs et donnent lieu à d’improbables et riches échanges (en savoir plus).

Je vous laisse également ici certaines de mes tentatives de l’exercice.

Bonne lecture et joli mois de mai à tous !

Carole.

(Et comme toujours, sentez-vous libre de partager… en citant l’auteur !)

 

 

 

 

Avril tisse ses fils de douceur,                     

Loin de moi l’envie de m’en découvrir

A l’aune du plein printemps, je m’y emmitoufle

 

 

 

La Terre est ce lieu où l’éternité renonce devant la grâce de l’éphémère.

 

Quand la nuit trouve le repos de la lumière,
Quand le calme cède son trône à toutes les renaissances,
Alors les fins soufflent d’autres commencements
Et dans chaque aube naît le premier matin du monde.

 

Une devise de vie, même mauvaise, vaut mieux que la plus belle épitaphe.

Regarder ceux qui ne savent pas voir
Croiser ceux qu’on ne rencontrera jamais
Avancer dans les ailleurs où les pas coûtent parfois tellement
Que les pavés qu’ils foulent semblent mouvants
En ces lieux où s’épanouissent les crêtes et les abysses,
Sans entre-deux et sans tiédeur

 

Je voudrais fermer les yeux, 
Défaire les liens, ceux qui lacèrent, 
Voler à la mer une bouteille 
Et y boire des lampées de liberté perdue
Aux arômes de candeur oubliée,
Comme on savoure un grand vin
Jusqu’à l’ivresse, 
Jusqu’à l’oubli,
Jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les tanins de l’espoir.

 

Excuse-moi
Pour mes maladresses
Pour mes silences quand tu attends des mots

Excuse-moi
De fonctionner à l’envers
D’être embarrassée par la tendresse

Excuse-moi
D’avoir trop besoin de liberté
D’exécrer l’habitude et ses détentions

Excuse-moi
D’ignorer comment il faudrait aimer

 

Même le jour pâlit si la nuit blesse les étoiles

 

Tu sais mes frissons 
Et ce que je n’avoue pas

Je sais ton assurance
Ta peau et les mots
Que seul toi chuchote

Tu sais ce que je planque
Sans jamais rien en dire

Et mes doigts entre les tiens
Je sais tout ce que tu es

Parce qu’on se connaissait
Bien avant de se rencontrer.

 

Elle couve dans les paumes
Et se blottit dans les réconforts
Dans les replis du velours
Dans la caresse d’un murmure
Près des feux de bois d’hiver
Enveloppée dans l’écharpe d’un sourire
Dans la fumée s’échappant des tasses ceintes de doigts froids,

L’ineffable douceur.

 

J’aime les gens qui respirent au rythme des arbres
Qui changent d’humeur et d’envies
Ceux dont les douleurs teintent le sourire de merveilles
Ceux à l’âme bardée de cicatrices,

Ceux qui ne disent rien quand ils savent tout
Qui veillent les nuages et tous les firmaments
Ceux qui ne sont jamais plus présents que lorsqu’ils se taisent
Dont le regard ne lit que les interlignes

J’aime les gens aux doigts déliés, aux caresses lentes
Ceux dont l’habileté du cœur prévaut sur celle des gestes
Ceux qui forgent leurs courages dans le minerai de leurs failles
Qui soufflent sur les brumes le vent dispersant les doutes

J’aime les gens dont les trajectoires ignorent les lignes directrices
Qui ne portent que le tissu dont sont faits leurs viscères
Ceux qui ne craignent ni l’absurde ni les convictions
Qui savent s’éloigner sans oublier, accepter les erreurs en effaçant les regrets

 

Si je pouvais encore rêver
De possible et de toujours
Si mon ciel s’immergeait d’espérance
A l’endroit où la mer l’empoigne
Si mes mots savaient l’éloquence
Et ma peau les ferveurs

Alors, je ne craindrais plus les brûlures des demains incendiaires
Ni l’oubli des nuits infinies

 

Si elle existe,
La vérité sommeille à l’abri,
Réfugiée quelque-part
Entre l’abandon des certitudes et les recoins des peut-êtres.

 

Il a la chaleur délectable des réconforts
La saveur des paupières closes dans une parenthèse ouverte
Les lèvres suaves et douces à l’amertume légère
Il escorte mes jours et quelques-unes de mes nuits
Dans le fond de mes tasses obscurcies.

(Ode à l’arabica)

 

Ne hisse personne sur un piédestal,
Tu te trouveras dessous lorsqu’il s’effondrera.

 

Je suis de celles qui récusent les promesses
Et s’abritent des serments

De celles qui frissonnent dans le châle des matins
Dont la lumière évapore les larmes et le sel

De celles qui dansent sous les giboulées
En s’évadant par les portes closes

 

La plage et ses lacets de vagues inlassables
Gardent les images de coquilles amassées
L’éternelle ritournelle de la mer agitée
Conte les mémoires des grains de sable
Et quand l’océan lave les amertumes
Nos sourires cueillent des larmes d’écume

 

Quand ça ne tient pas debout
Quand je ne sais plus pourquoi
Fais-moi danser

Quand je souris pour rien, juste comme ça
Quand la musique est mon ailleurs
Fais-moi valser

Danse avec moi
Accorde tes pas sur mes regards
Garde-moi libre entre tes bras

 

Respirer les soupirs du velours
Effleurer la soie enfin dévoilée
Par les mains exemptes de doutes
Caresser la nuit de gestes sûrs
Se souler d’abandon jusqu’à l’oubli

 

 

Et ces pensées déposées
Un instant partagées
Où s’envolent-elles ?

Et ces parcelles de prose
Miettes d’âme éparpillées
Qui s’en souviendra ?

 

Chaque atome, chaque cellule
Vibrera de chaque audace,

L’insolence du vent délivrera nos doigts
Des amarres qui égarent l’horizon,

Les rancœurs devenues vaines
Céderont la place à d’autres clémences,

Et les promesses captives blêmiront
Quand l’ombre réveillera la lumière

 

 

Ne m’en veuillez pas
Si votre évidence m’est inaccessible
Si mes vers n’entendent pas vos rimes

N’en veuillez pas 
Aux distances que je ne peux franchir
A mes pièces qui n’épousent pas vos puzzles

Ne gardez pas rancune
Car même dans mes absences
Jamais mes retraites ne vous abandonnent

 

Je n’ai pas voulu me planter sur toute la ligne.
J’ai semé des tangentes et cueilli des parenthèses.

 

Emmène-moi 
Où tes paumes abritent mes déroutes
Où tes lèvres soufflent mes soupirs
Où ta peau bâtit mon sanctuaire

Emmène-moi
A l’endroit où tout disparaît
Où je t’offrirai sans concession aucune
Ce qui n’appartient qu’à nous

 

 

Quand mes murmures éconduiront tes peurs
Que mes rires cribleront tes champs de bataille

Quand tes mains déposeront mes armes
Que tes paix annihileront mes croisades

Même l’espoir se réchauffera
Là où brûlent nos colères

 

Quand les verres sont vides,
Les rimes sont vaines,
Et les vers se dévident.

 

Egarer le temps perdu
Se nourrir de lumière

Inspirer les fragrances éparpillées
Laisser retomber les paupières

Frissonner aux brises discrètes
Comme si l’on savait respirer

Plus d’avant, moins d’après,

Comme si tout était là.

 

Le potentiel infini de la délicatesse nous échappera toujours…

 

Mens-moi s’il te plait,
Fais-moi croire que tout ira
Convaincs-moi de ça,
Au creux d’une bulle où c’est vrai

Fais-moi oublier
Que tout est perdu d’avance
Et croire que rien n’a d’importance
Qu’on peut encore tout sauver.

 

Où s’évadent les rêves ?
Ceux qui chamboulent l’inertie,
Qui sèment d’autres lendemains

Sont-ils drapés d’azur, aux confins des sphères ennuagées ?
Ont-ils épousé d’autres nuits sans fin ?
Sont-ils trop oniriques pour être enlacés ?
Ou n’espèrent-ils que nos audaces 

 

 

 

La hâte flatte la passion, mais égratigne les douceurs.
On se rassasie avec empressement,
Mais la délectation se niche dans la patience

Courtise-moi vite,
Mais aime-moi lentement.

 

 

S’il fallait s’être déjà relevé seul,
Et accepter de trébucher encore,
Pour saisir une main

S’il fallait se suffire à soi-même,
Pour marcher côte à côte,
Sans s’emmêler les pieds

S’il fallait n’être que soi
Et s’affranchir de ce qui retient
Pour vouloir rester

 

Et poser mes pas bancals
L’un après l’autre
Même en claudiquant,

Même s’ils reculent parfois
S’ils n’accommodent pas la rectitude
Des pâleurs coutumières

Les plus beaux paysages ne se dévoilent
Qu’à la faveur des sorties de route
Et j’ai le privilège
De conduire bien mal

 

 

#6mots

Les étoiles déchues pleurent le ciel

L’océan brûlant pleurera la banquise
Quand ses larmes glacées seront taries

 

Le présent ne peut conjuguer l’éternité

 

Composer la vie en bonheur majeur
En clé FACIle, aux notes DOREes
Aux accords SOLidaires, sans deMI-cLArté

 

 

Si notre route contourne les habitudes
Si nous marchons sur les tangentes

Alors le temps nous oubliera peut-être
Et nous, nous effacerons les lassitudes

 

 

 

 

 

Ne règne sur mes empires invisibles
Que la noblesse des rois justes

 

Les aiguilles de ma boussole mènent
Dans les confins d’un univers saphir
Frapper à la porte des nébuleuses
Où les poussières de rêve s’enroulent
Autour des étoiles brodant la nuit

 

 

Si tu cielais,
Je voudrais nuager

 

Délier les amarres, leurrer la boussole
D’un cap que le vent agite
Loin d’ici, ailleurs, douces idées folles
Emmêler les nords, bousculer les fuites

 

Peu importe les biais du jeu
Les dés pipés roulent quand même

 

Partagez cela sur: