Mots d’Été

La saison estivale s’achève, emportant dans son sillage de chaleur les ambiances vacancières, les soirs qui s’étirent et les siestes paresseuses aux ombres bienfaisantes.

Pour accompagner cette entrée dans l’Automne d’un peu de poésie de beaux jours, voici un petit florilège des Mots d’Été, parus durant les mois de juillet et août sur Twitter.

Et si le cœur vous en dit, n’hésitez pas à en accrocher quelques-uns à votre parapluie !

Bonne lecture.

 

Dans ma bulle
Je fabule
Des fantaisies
Aux reflets nacrés
Aux ombres de rose

Dans ma bulle
Quelques nuages
Louvoient
Dans les bras
D’un ciel de soie

Dans ma bulle
Par centaines
Des rêves égarés
Sont enlacés
Au sommet
D’une tour d’ivoire

 

Elle se tapie
Dans les cornets craquelés
Et les fragrances de vanille

Elle renait
Dans les éclats de rires
Et les innocences oubliées

Elle se poursuit
Dans les peurs indicibles
Les rêves et les héros

Et au coin de nos lèvres
Sourit cette enfance
Qui nous a vus grandir

 

L’azur en s’éteignant
S’emmitoufle
Dans son écharpe cotonneuse
Qui file et s’effile
Au long des fins du jour

Par-delà les monts vaporeux
Reste-t-il des embruns
D’or et de lumière
Pour saler
Les larmes de l’éther

 

 

Il se pointe
Et s’enroule

Il hameçonne
Les interrogations

Et se pose
Dans tous les demains

Il se mêle
Aux brumes incertaines

Et demeure l’inhérence
Des doutes

Il se courbe
Sous le poids des questions

Et se meurt
Dans chaque réponse

 

Des douceurs qui se croisent
Aux carrefours emmêlés

Tous ces fils à tirer
Autour d’un cœur enserré

Au rythme des battements
De notes émiettées

Toutes ces peurs indicibles
Puisse une lueur les assoupir

Toutes ces boucles amères
Puisse une caresse les dénouer

 

Cueillir ce qui manque
Dans l’essence des matins

Et dessiner dans l’ombre
Les contours imparfaits

Des fenêtres opaques
Des miroirs sans reflet

D’autres jours sont à venir
D’autres heures à éclairer

Des trainées de soupirs
Et des heurts à inhumer

 

Il y aura un jour
Où la peine sera fourbue
Et les errances se feront sourires

Il y aura un jour
Où l’été délaissera l’hiver
Et les foulards se feront soie

Il y aura un jour
Où les douleurs omettront les entraves
Et les étaux se feront douceur

Il y aura un jour
Où les poussières déposeront les souvenirs
Et les souffles se feront espoirs

 

Ce détail,
Cette virgule,
Un mot, rien qu’un seul
Peut-être pourtant,
A la place d’un autre

Ce regard,
Ce battement,
Cette seconde, rien qu’une seule
Juste un peu plus longue
Que les autres

Ce rien,
Ce tout,
Ces fragments, jamais seuls
Qui font ce jour
Comme aucun autre

 

Chaque seconde
Repoussera la suivante
Et même les aiguilles
En auront le tournis

Toutes les patiences
Ancreront l’infini
Et les maintenants
Rongeront les attentes

Quand nos importances
Rouilleront les horloges

 

Et hop, un pas
Flanquant dans la flaque
Des souliers saouls

Et hop, une marche
Et s’agripper encore
A la rampe qui grimpe

Et hop, un trou
Qui tout autour
Happe les pieds

Et hop, un bond
Au-delà de l’eau
Y hisser le ciel

 

S’il faut tirer les rayons du soleil
Pour qu’il se lève encore
Et tailler les pierres
Pour paver la route

S’il faut user du graphite
Pour rêver la nuit
Et briser du cristal
Pour étaler des étoiles

J’accrocherai le ciel
Au coin de mes lèvres
Et le chemin
A mes chevilles

 

Tout s’arrête
Dans l’air parsemé
De poussières d’antan

Mais l’azur au réveil
Noie tous mes océans
Et tout recommence

Tout s’arrête
Le bruit, les nulle-parts, la raison
Mais ici, maintenant, sans ordre ni logique

Juste une évidence

Et tout commence

 

Finalement peu importe
Si rien n’aurait dû
Si rien n’est à sa place

Finalement, peu importe
Si rien ne peut comprendre
Et si rien n’explique

Rien n’importe
Que cette chamade
Que ces bourrasques

Rien
Que la résurrection du jour
Que ce matin qui espère
Tous les prochains

 

Chez moi
L’hiver a laissé
Tomber son écharpe

L’endroit est habité
De douceur
De rareté
De temps suspendu

On y laisse dehors
Ce qui effraie
Ce qui attend 
Ce qui presse

On y croise
Des soupirs soulagés
Des embruns de tendresse
Des espoirs enlacés

Entre deux bras

 

Il y a
Les savoirs et l’habitude
Les croyances et les prières

Et l’écho
Qui résonne en vain

Il y a
Le sable et la poussière
Ce qui rejoint la terre

Et l’écho
Qui revient quand même

Il y a
L’espérance et la lumière
Ce qui bouscule le temps

Et l’écho
Qu’on entend enfin

 

Envoie-moi
Tes mots et au-delà
Ton essence encrée
Dans le tissage velouté

Dépose-les pour moi
Dans les courbes et les volutes
Nées du bout de tes doigts
Et de l’ombre de tes yeux

Ecris-moi
Les chimères clandestines,
Ce qui anime tes silences
Et les aveux de ton cœur

 

Même l’eau des flaques
S’est figée

Même le vent
Retient son souffle

Même le piano
Etouffe ses notes

Même le café
Amarre ses arômes

Même les secondes
Prient les heures

Et même les absences
Oublient d’oublier

En attendant
Que tu reviennes

 

Le sais-tu
Que nos courages sont nos richesses
Qu’avancer est parfois le plus dur

Te rappelles-tu
La route pour en arriver là
Les cahots et les replats

N’oublies rien
Du sel de chaque détour
Des paysages dévoilés

Et brûle
Chaque défiance
Au feu de tes insouciances

 

Dans mes cahiers, j’ai
De quoi tanguer
De quoi frôler
Des caps et des horizons

Dans mes cahiers, j’ai 
Jeté l’encre
Pour y ancrer
Des rêves à croiser

Dans mes cahiers, j’ai
Des navires pour toi
Et des dérives de mots 
Pour tous tes voyages

 

J’ai tant écrit
Et le jour et la nuit
Des lettres volantes
Des pensées fluettes

J’ai tant décrit
Des moments espérés
Des douceurs supposées
Des ailleurs, des peut-êtres

J’ai tant erré
Sans ancre, sans parchemin

Sans savoir que chaque mot
Était pour toi

 

 

#6mots

J’ai pianoté sur l’air
La musique

Du vent
Qui porte tes ailes

 

L’espoir est
La volonté du cœur

 

 

 

 

 

Même s’il souffle sans savoir d’où
Le vent va toujours quelque part

 

 

 

 

Ne peut être réparé un jour
Que ce qui a été brisé

 

A chaque crépuscule
Succède une aurore

 

 

 

 

 

Le plus dur
C’est laisser partir

Mais demain
Porte en lui l’inconnu

Le temps passe
Mais n’oublie rien 

 

Et je pleure
Et j’ai peur

De la destruction
De la disparition

Des arcs-en-ciel
Des couleurs
De l’indescriptible

Et quand nos vanités
Auront raison

Et quand nous aurons
Tant amassé

Il ne restera
Que des ruines

Dans le reflet
De nos regards

 

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