La chaleur étire les heures, le temps ralentit sa course, les épis écrasés de soleil sont fauchés un à un pour venir plus tard nourrir le pain…
Juillet murmure quelques mots qui se perdent dans la bienfaisance des ombrages, juste là où je vous invite à les trouver…
Douce lecture estivale,
Carole.
Sa chevelure s’étale 
Sur les flancs d’une saison
En caressant sa peau
Nourrie de chaleur
Les absences de l’eau
Craquellent sa terre
Et la poussière saupoudre
La blancheur de ses chemins
Ses couchants entonnent
Le refrain des épis
Sans partage, sans concession
Juillet règne sur le temps
En ces lieux où jamais ne vacillent les mémoires 
Où les murs fredonnent d’anciennes ritournelles
Chaque pierre de jais se rappelle les ruelles
Dont les pavés résonnent d’épiques histoires
Le temps n’a plus cours, ni veille, ni lendemain
Tout habite ici, et ce qui s’en va revient
Même la fin du jour, que la nuit ne retient,
Oublie ses rêveries dans les bras du matin
Les ombres accrochées aux recoins des remparts
S’épanouissent en rêvant à des lunes et des phares
Et l’on pourrait douter qu’elles s’éprennent du soir
Si en la rongeant, elles érodent la lumière
Et tout en l’habillant de lenteur et de noir
Elles ne sauraient défier ni vaincre la poussière
Dans le reflet des rivières
Les miroirs sont éteints
Les sanglots longs ne sont rien
Parmi le chant des bruyères
Devant les arcs-en-ciel
Les peintures sont désastre
Et la lumière des astres
A soufflé les chandelles
Lorsqu’ils croisent l’infini
Les souvenirs terrassent l’oubli
Je voudrais 
A l’aube de chaque nuit
Frôler ton étreinte
Et danser dans le silence
Je verserais
Quelques pleurs sans bruit
Pour brouiller les teintes
Et danser dans le silence
Je n’entendrais
Que les bruissements de vie
Toutes les règles enfreintes
En dansant dans le silence
Éprise d’un nuage
Elle écrit sur l’horizon
De la pointe d’un rayon
Depuis le fond des âges
Elle conjure le temps
Sans charmer l’oubli
Jamais assoupie
Débordant des volcans
L’orage gronde ses colères
Des tréfonds de la terre
Même l’enfer la craint
Elle enflamme le matin
Ne pars pas 
Pour oublier
Ou pour te souvenir
Ne pars pas
Pour ne pas t’emporter
Pour te laisser derrière
Ne pars pas
Pour une première ligne
Sans fin de chapitre
Emmène toi au loin
En semant le plomb
Pour d’autres lettrines
D’autres enluminures
Et pour pouvoir
Revenir
Les langueurs de brise
S’évaporent dès l’aurore
Les heures engourdies de paresse
S’allongent dans l’herbe chaude
Essoufflant les hardiesses
Auprès de l’ocre des chemins
Les flaques sont mortes
Depuis longtemps
Les épis bourdonnent
Et plus lentement
La Terre
Respire
Des histoires comme des refuges 
Où j’aime à venir m’abriter
Des grands soleils et des déluges
Tant de roses jamais fanées
Des larmes et des boucles dénouées
Des matins clairs, des soirées ivres
Des questions et des tours de clé
Pour tourner les pages de mes livres
Je vis sur la mer
Sur les crêtes et dans les creux
Au gré des houles
Et des tangages
Je vis sur des montagnes
Faites de côtes essoufflées
Et des vertiges
De chaque pente
Je vis sur une corde
Ployée sous mes pas malhabiles
Et la précarité
De tous leurs équilibres
Une conscience plus fine
A chaque gorgée
Cette chaleur sanguine
Si douce à porter
Tangage délicat
Parole libérée
Pour voir au-delà
Des sens décuplés
Flottement délicieux
Juste entre deux sphères
J’enlace ton feu
Ivresse éphémère
Finalement 
Qui décide
Des pourquois, des routes
Du sable et des courants
Qui saura jamais
Les raisons, les dieux, les oracles
Les fins et les recommencements
Qui atteindra un jour
L’horizon, les soleils
Et le bord de la Terre
Les toujours
Et peut-être
Qui décide
Finalement
Ecris-moi
Des lignes de songes
Des lettres à relire
Des jours et des nuits
Et des post-scriptum
Ecris-moi
Des folies encrées
Des projets à rêver
Des rêves à vivre
Et des post-scriptum
Ecris-moi
La pluie, le beau temps
Presque rien
Il y aura tout
Dans les post-scriptum
Elle sait que le silence 
Contient déjà tout
Alors elle se tait
Elle connait l’éveil
Et la blancheur des nuits
Alors elle rêve
Elle n’évite pas les cahots
Qui la font trébucher
Alors elle danse
La terre retient ses pas
Et toute leur gravité
Alors elle s’envole
#6mots
Pour les yeux 
Qui savent voir
L’aube renaît
D’un crépuscule à l’autre
La mort n’existe
Que dans l’oubli
Sans rallier
Le bout du monde
Je lie
Des bouts de mondes
Des ponts, des arches
Des nuances
Des brins d’îles
Comme une tresse
Comme les crins
De tant d’archets
Sur les cordes
De la pluie
Comme des trames
De livres pleins
De bouts de mondes
De musique

