Mots de Mai

Mai, le plein printemps… Les caprices de la météo, les jours qui s’étirent, les fleurs qui éclosent, les couleurs qui claquent, les contrastes qui se renforcent…
La plus belle des saisons.
De quoi nourrir des mots nombreux, des mots à partager, à offrir.

Voici donc la petite sélection des mots de Mai, publiés au jour le jour sur Twitter, petits morceaux de « prose poétique », de pensées, d’inspirations fugaces.

Bonne lecture, en espérant que vos regards y trouvent quelque émotion, et l’envie de la partager à leur tour…

Beau mois de juin à tous !

 

 

C’est l’existence qui cligne de l’œil
Le hasard qui sourit en coin
Le rappel, « Tu te souviens ? »
Les anciens doutes qui s’effeuillent

C’est le trop tard mais enfin
Le bon endroit au mauvais moment
La route du carrefour précédent
L’ironie narguant les destins

 

J’ai confié des secrets aux étoiles  
Blotties là
Où tout a commencé
Et où tout finira

J’ai soufflé des espoirs à l’infini
Comme si l’on pouvait saisir
De nos mains frêles
La paix de nos insignifiances

Et dans son écho
Résonne encore le privilège
D’être là
Et de respirer la nuit

 

J’ai trouvé un bout de toi
Au bord d’un nuage
Qui volait, impassible,
La liberté du ciel

J’ai laissé pour toi
Un bout de moi
Au bord de l’horizon
Que frôlent tes cils

 

     Mais qui est là ? 
Assoupi dans le jardin
Alangui sur un lit mousseux
A l’ombre des pétales odorants

Vêtu de parfums pourpres
Se mirant dans les rosées
Sous l’éventail des libellules
Mais qui est là ?

 

Il pleut ce matin    
Au rythme de quelques notes

Je me demande où tu es
Pleut-il aussi derrière ta fenêtre ?

Il pleut ce matin
Comme si le ciel ralentissait la cadence
Des impatiences du printemps

Il pleut sur  mai
Et sur mes ailleurs

Où tu es peut-être

 

Ne plus assourdir les colères
Abolir les demi-mesures

Laisser les couleurs éclater
Sans pastel, sans estompe

Courir jusqu’à retrouver son souffle
Jusqu’à rattraper ses envies,
Ses absurdes, ses insensés

Sourire et pleurer, même sans raison
Et ne plus jamais se contenter

 

Les reliefs et les vallons
Et les voluptés courbées
Si tu t’y égares Je t’y retrouverai

Prends-moi la main
Allons nous y perdre
Sans envie de retour
Sans lieu, ni moment

Et si tes lèvres effleurent
La chaleur soyeuse
Des sillons du velours
Peu importe où nous allons

 

Si elle existe
Ailleurs que nulle part
Je veux rejoindre ma place
Où crèvent mes lassitudes
Où s’exorcisent mes fuites

S’il existe
Ce lieu d’asile comme un chez moi
Je veux m’y exiler
En déposant sur son seuil
Les manques dans mes bagages

 

Même si nos jours se mélangent
Si tu es là, si je suis là

Nos doigts mêlés refusent
Que nos bonheurs se subordonnent

Que chacune de nos vies
S’abîment dans la nôtre

Un toi, un moi
Un nous qui préserve
Qui tu es, qui je suis

Un moi, un toi
Un nous sans promesse
Ni prison

 

Toi qui épouses les crépuscules
En allumant une à une les étoiles
Dans ton sillage de silence

Toi qui déploies les ténèbres,
Sur le lit des âmes perdues

Toi que l’aube viendra étreindre
Aux prémices des résurrections

Toi qui loues tant le jour
Que tu disparaîtras pour lui

(Ode à la Nuit)

 

Grave sur ma peau
L’empreinte de tes mots absents
Parcoure mes lignes imparfaites
De voluptés réparatrices

Ranime ce que toi seul éveille
Quand nos désirs assiègent la nuit
Quand nous blessons les pudeurs
Que nos confiances ont rendu vaines

 

 

Et manquer sans savoir de quoi
En ces soirs aux songes déchus
Dont le sel revêt les joues

Le creux du ventre empli
De la vacance des innocences
Du mutisme des échos

L’eau des regards perdus
Dans la lassitude des espoirs
Près des rêves égarés

 

J’aime ses pas sûrs
Ancrés à la terre
Et lire ses sourires
Qui traînent pour un rien

J’aime sa chaleur
Où blottir mes hivers
Ses calmes assurances
Qui déchirent mes cauchemars

J’aime ses murmures
Qui déciment mes silences
Les portes qu’il laisse ouvertes
Pour ne pas que je sorte

 

Il calque sa musique
Sur le rythme de ses sourires
Et le tempo de son rire clair

Elle, qui peint sur ses portées
Des notes multicolores

Elle, qui ponctue ses mesures
D’accords imaginaires
Et d’harmonies chimériques

 

Tu n’as pas les réponses,
Mais tu as les mots
Juste murmurés.

Tu ignores la destination
Mais tu paves plus surement la route
Où qu’elle mène.

Tu préserves mes solitudes
Mais tu es là.

Toujours.

 

Caresse-moi 
D’oubli et d’autre part
Sans toujours, sans parjure

Effleure-moi
D’irruptions de songes
Dans nos privilèges

Garde-moi
Contre ta douceur
Dans nos contrées fragiles

Frôle-moi
Du bout des yeux
Du bout des mots
Du bout des lèvres

 

Il est des pensées traitresses
Qui tergiversent et rebondissent
D’un bout à l’autre de la pièce
Où s’enchevêtrent fins et prémices

Il est des doutes qui hésitent
Entre une issue et une impasse,
Des horizons et des limites,
Des fenêtres et des bris de glace

 

Puisque ce qu’on bâtit   
Pourra toujours s’effondrer
Ne posons sur la terre que nos pas

Avec toi, je ne veux pas monter de murs
Mais sans heurt, sans bruit
C’est un jardin que je veux arpenter

 

 

 

 

 

Il est des présences futiles
Des espaces pleins d’absence

Des nuits sans lune
Et des étoiles pleines de songes

Il est des matins pâles
Et des jours pleins de débuts

Des secondes fébriles
Et du temps plein d’attente

Il est des passages endeuillés
Et des vies pleines de sens

 

Le temps n’accumule rien
Seul le cœur se rappelle.

 

Toutes nos forces se puisent   
Dans les parcelles de grâces
Des instants fragiles

 

 

 

 

 

Respecter  
Ces distances lointaines
Qui veulent préserver

Il viendra le temps
Des délestages
Des accalmies

Il viendra le temps
A la croisée des orages
Où les paix se trouvent

Et même s’il ne vient pas
Etre là
Sans attente

Dans les bras de ces nuits
Où des fleurs éclosent

 

Déployant sa majesté
Il bruisse
Les murmures de la terre

 

 

 

Si je savais prier
Je parlerais à tes dieux

Si je savais parler
Je te chuchoterais mes promesses

Si je savais promettre
Ce serait de t’aimer

Si je savais aimer
Je t’espèrerais

Mais je ne sais rien
Alors, peut-être
Pourras-tu m’apprendre

 

 

#6mots

Les bourrasques emporterons ce qui reste
De nos encores, de nos jamais
Nos petits riens, et quelques zestes
Là-bas au loin, pour les garder

 

Est-il une trêve
Où lâcher prise ?

Est-il une quiétude
Où renoncer ?

Es-tu là
Où je serai ?

 

Au loin
Même sans te voir

Rien qu’une nuit,
Une seule fois

Je voudrais dormir
Et trouver l’aube

Dans les draps
De tes rêves

 

Tracer du bout
De nos yeux

L’un après l’autre
Les jours fragiles

Où viendront mourir
Toutes les habitudes

 

Sans le savoir, nous avons chacun
Un pied dans le même jardin
Et l’autre dans la même valse
Tournant, dansant sur des temps imparfaits

 

Des limbes où s’endorment les sommeils    
Restent un sourire agrippé au matin
Et de l’azur accroché au soleil

 

 

 

Dans la douceur le temps dévoile
Sans plus tricher, nos fragments d’âme

 

Quand je déciderai
D’éclipser ma mémoire

Tout s’effacera
Tout sauf nos douceurs

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