Les volutes d’air bruissent encore des murmures solaires. Le jour cède des instants aux étoiles. Quelques fins lainages habillent les épaules du soir.
Septembre s’avance.
L’été tire sa révérence.
Laissant enfin s’échapper goutte après goutte les bienfaits des nuages, comme autant de mots à recueillir au creux des mains…
Bonne lecture à tous
A bientôt dans les interlignes…
Carole.
Entendez-vous
La nuit quand elle pleure
Le mot qui change tout
L’automne et ses rumeurs
Regardez-vous
Par-delà les murailles
Ailleurs que partout
Dans la lumière des failles
Entendrez-vous
La musique et ses chœurs
Le bonheur devenu fou
L’automne et ses clameurs
Bientôt
Puisque bien sûr, nous ne partirons pas ensemble 
Mon esquif épousera l’amarre ou l’ailleurs
Mes vents dissiperont les fragrances des fleurs
Notre refuge en a déjà les murs qui tremblent
Puisqu’il y aura le temps pour nous séparer
Mes saisons renonceront à chaque effeuillage
Mes chapitres arracheront les dernières pages
Nos lainages en regrettent déjà les étés
Puisque nos nuits ne revêtiront plus d’aurores
Ma lumière dépourvoira de son or le matin
Mes veilles oublieront l’impatience des demains
Les larmes de nos lunes déjà s’évaporent
Puisque nos pas un jour ne s’accorderont plus
Mes hymnes voleront vers d’autres altitudes
Rien n’apprivoisera jamais mes solitudes
Mon piano comme mon cœur se sont déjà tus
Certaines nuits
Sont seules
Et ces notes qui résonnent
Creusent l’air, l’obscur
Le ventre et les veines
Le temps brouillé
Arrime les rêves passés
Aux heures noctambules
Et ces notes qui résonnent
De peine et d’envie
Portent hier au matin
Quand certaines nuits
Sont seules
Tant que ce vent-là 
Effleurera la terre
Tant qu’il se débattra
Par-delà l’atmosphère
Tant que ses colères
Tempêteront des noirceurs
Que ses souffles suivront
L’envol des migrateurs
Tant qu’il poussera au loin
Les nuages, leurs larmes
Il balaiera enfin
Le temps, le vacarme
Un chocolat nappé de café
Un rai de lumière dans l’escalier
Un interlude bercé de silence
Suspendu entre deux absences
Un sentier par-delà la mer
Quelques bouchées douces-amères
Des flammes pour des doigts glacés
Un instant sans seconde pressée
Un arôme embaumé de cannelle
Un rêve qui se pare d’ailes
Une étreinte pour se blottir
Ton cœur pour seul empire
Des sourires au coin d’un regard
L’adieu d’un quai de gare
La vie comme une chapelle
En ces moments éternels
Je voulais juste 
M’assoir un peu
M’imbiber de ciel
Souffler sur les nuages
Je voulais juste
M’offrir aux larmes célestes
Siroter le soleil
Chaque jour comme un printemps
Je voulais juste
Me délecter du monde
Du bruissement des miracles
Et encore de lumière
Et toujours de musique
Laissez-moi croire encore
Même sans aucun temple
Nier le plomb et l’or
Alchimies sans exemple
Laissez-moi croire plus
Si le ciel se délite
Si jamais les cirrus
Cueillent des météorites
Laissez-moi croire quand même
Ce que mes larmes contemplent
Ce que chaque sourire sème
L’espoir pour seul temple
Tu n’es pas si loin
Quand j’endors ta peine
Et mes excès emmènent
Ce qui manque à tes moins
Tu es à ma porte
Quand j’éclate de tes rires
Et ton peu va périr
Dans mon trop qui l’emporte
Tu es là tout près
Quand tes douleurs épousent
Mes fils qui recousent
Chacune de tes plaies
J’ai cherché des toujours
Dans les bras de l’aurore
J’ai exploré le jour
En laissant ce qui dort
J’ai rejoint les ténèbres
En voulant oublier
J’ai compté sur l’algèbre
Pour tout déchiffrer
J’ai regardé partout
Dans tous les empires
Puis je suis tombée
Au coin d’un sourire
S’ils voyagent 
De battements de cœur
En battements de pleur
Sans cage
S’ils traversent
Un peu de temps, quelques espaces
Un peu de rêve, quelques traces
Sans herse
Si mes mots sont partis
Par la lumière mis à nu
Et s’ils ne m’appartiennent plus
Alors j’aurais vraiment écrit
Entre les notes d’une chanson
Dans les fragrances évaporées
Près d’une impression fugitive
Dans les replis d’une lettre
Derrière une page jaunie
Dans le désert d’une place
Au coin d’une fossette
Sous une caresse ressuscitée
S’emplit le regard
S’embrume le cœur
De résurgences
Il s’écoule tant de fiel
Dans les dénis délétères
Il faudra tant de ciel
Pour toutes nos prières
Il est déjà bien tard
Trop d’absurde, de raisons vides
Dans nos siècles d’obscurité
Il faudra tant de lucides
Pour encore espérer
Il est déjà bien tard
Et si rien ne dure 
Laisse moi voir encore
Les miracles d’azur
Le ciel s’imprégner d’or
Et si rien ne dure
Laisse bouillir mon sang
Et s’ouvrir mes blessures
Parce que plus rien n’attend
Et si rien ne dure
Je ne veux pas compter
Les secondes, les cassures
Je vais seulement t’aimer
Vestiges de faste
Géant désarçonné
Fier et invincible
Fantôme de poussière
Seule la mer
Est éternelle
Vies sacrifiées
Sur l’autel de l’arrogance
Âmes d’espoir
Veillées d’océan
Allégorie d’un monde
Sans progrès
Apprenons-nous jamais
Saurons-nous enfin virer
A temps
Je chasse les fantômes 
Les traces et les empreintes
De ce qui n’est plus
Je chasse les amertumes
Les leurres et les erreurs
Tout ce qui m’a menti
Je chasse les déroutes
Les barreaux et les lucarnes
Tout ce qui m’a détenu
Je forge les courages
Pour chasser
Ce qui hante
J’aimerais être ta réponse
Quand tout sera fini
Et toutes tes certitudes
Quand les doutes reviendront
J’aimerais être la lueur
Au fond de tes églises
La voix de tes silences
Quand les fracas se taisent
Et juste quelques murmures
Dans l’espoir de tes prières
J’aimerais être la folie
A lier à tes douceurs
Et tous tes repos
Dans ces nuits trop longues
J’aimerais être encore là
Au bout de la course
Délier les serments
Qu’on ne prêtera jamais
J’aimerais être ta réponse
Quand tout sera fini

