La lumière se pare de rouges et d’ocres, les pas de caoutchouc se posent sur la terre humide, et les couvres-chefs se rehaussent de baleines et de toiles multicolores.
Dans les flamboiements d’automne, Octobre grignote les jours et égrène ses mots…
Bonne lecture et doux novembre à tous,
Carole.
Je suis faite 
D’air et de quelques notes
D’éther et de tempêtes
Et de rêves qui chuchotent
Je suis faite
De cascades et de fureurs
De précipices et de facettes
De dédales ceints de lueurs
Je suis faite
De sel et de parchemin
De fougue et d’escampette
Et de liberté sans fin
Et quand il n’y aura plus rien,
Il restera la musique
Pour transcender le temps
L’avant, les hécatombes
Pour emplir d’air
Ce qui a disparu
Pour résonner contre
Les murs de nos âmes
Embaumant de symphonie
Toutes nos ecchymoses
On se croise sur la toile
Nos étoiles se croient-elles
Nos mots ne dévoilent
Pas plus qu’ils ne révèlent
Mes cordes sont sensibles
L’humour est dans les tiennes
Nos accords sont risibles
Vénusien et martienne
Personne n’a fait mention
De nos lointaines contrées
Mais quand nos dimensions
Se sont-elles rencontrées ?
Si tu étais là 
Tu murmurerais
De ne pas m’en faire
J’aime quand tu chuchotes
Si tu étais là
Tu jetterais tes yeux
Dans mes regards
J’aime tes océans
Si tu étais là
Tu guiderais mes rires
Par-delà mes pleurs
J’aime quand tu me rassures
Si tu étais là
Tu irais marcher
Dans nos souvenirs
J’aime quand tu nous racontes
Si tu étais là
Derrière ces prunelles
Qui scrute l’automne
De ta mémoire
Tu es là
Mais si loin,
Dans tant d’ailleurs
Et quand ta main revient
Dans la mienne
C’est toi
Que j’aimerais retenir
Chaque endroit dans une place
Chaque envers d’autres faces
Une crête pour une vallée
Un ravin pour un sommet
Une cage et tout l’espace
Une fraction de temps qui passe
Un typhon pour une écume
Une plume pour une enclume
De tout et des revers
Des versos et leurs contraires
Mes courses éperdues ont égaré leur souffle
Près de ton épaule où des paroles murmurent
Le silence des paix que plus rien ne camoufle
Les courages libres démantelant les murs
Dans mes églises sans dieu où tu pries quand même
Tant que tes azurs gommeront mes hématomes
Et tant que dans tes yeux je lirai des poèmes
Tant de noir qui dégouline
Des vagues de coups qui inondent
Toutes les splendeurs qu’on assassine
Tant de noir qui dégouline
Qui s’infiltre par les artères
Un nombril pour seul repère
Et c’est la Vie qu’on assassine
Tant de noir qui dégouline
Sans laisser plus aucun refuge
Déferlement, tant de déluges
Et c’est le ciel qu’on assassine
Tant de noir qui dégouline
Il en faudra tant de couleurs
De courage recouvrant l’horreur
Et que jamais l’on n’assassine

On dessinera sur nos cartes
Des déviations échappées
Si les murs se dressent au-devant
On construira un à un
Les barreaux d’une échelle
Si les montagnes se gravissent
On volera les sommets
Et le temps qu’il faudra
Si des ravins happent nos routes
On y jettera nos souffles
Et des ponts de lumière
Si l’horizon s’évade
On changera d’altitude
Sur des lignes parallèles
Si les fins surviennent
On inventera des encores
Et des recommencements
Porter les pas
Qu’on ne retiendra plus
D’autres aubes échapperont
Aux prises des trépas
Et aux songes disparus
D’autres trêves éteindront
La violence des combats
Et les espoirs déçus
D’autres cordes hisseront
Un courages de là
Où il s’était perdu
Y aura-t-il une raison A la fin, tout au bout
Au bout de tout
Au noir, au dur
Au mal, aux douleurs
Aux bouts de chair
Y aura-t-il une raison
Aux colères, aux fureurs
Au bout des déraisons
A ce qui part, à ce qui meurt
Aux absences, aux départs
Y aura-t-il une raison

De courses éperdues
Sur des crêtes de digues
Par tant de vagues battues
Il y a ces jours d’attente
Dans l’écume de l’aurore
Ces soirées que hantent
Nos mémoires, nos décors
Et ces nuits qui expirent
Le songe d’un autre avenir
J’irai chercher plus Que des fragments de temps
Que des bribes d’audace
Je ne me contenterai pas
De parcelles d’amour
De miettes de bonheur
Même s’il faut tout arracher
De rage et d’envie
S’il faut des effondrements
Et autant de marches à gravir
Je détruirai
Les regrets

Et mes éveils se noient
Dans la pâleur des jours
Les secondes paressent
Alors que tout vieillit
Dans la langueur des soirs
L’automne dans mes draps
Effeuille les aurores
Au bout des nuits d’attenteQuand tu me manques
Raccommode-moi Scelle l’un à l’autre
Mes rebords déchirés
Mes berges d’épines
Raccommode-moi
Réunis par tes fleuves
Mes terres désolées
Mes lopins d’âme perdus
Raccommode-moi
De liens sans nœud
D’une aiguille de feu
Etés après hivers
Jours après nuits

