Une année à vivre

S’achève aujourd’hui une année charnière, emplie de doutes et de réflexion, de remises en question, de nombreux cheminements toujours en cours, de reculs nécessaires et difficiles, et encore plus d’amour sous toutes ses formes.

Une année à la fin très particulière, qui aura remis tant de choses en perspectives, et rappelé l’Essentiel et la relativité de toute chose.

Une fin d’année qui dessine la prochaine avec pas mal de points d’interrogation, mais finalement les certitudes les plus fondamentales : elle fera encore plus la part belle à l’important, aux partages, aux mots, à la musique, aux petites choses.

Alors, je ne vous souhaiterais rien des douces utopies de bonheur constant et de bonnes choses permanentes, mais de la force et du courage pour parcourir la Vie, parce qu’il en faut, et la chance de prendre conscience de qui vous êtes, de vous affranchir du futile, de trouver la place qui est la vôtre dans l’immensité du monde, de savoir pourquoi vous œuvrer chaque jour.
Arrêtez-vous.

Respirez.
Rendez-vous compte. Pour de vrai. De l’air qui entre dans vos poumons. De l’oxygène qui vient alimenter l’ensemble de cette miraculeuse machine qu’est votre corps.
1, 2, 3, 4, 5… comptez-les pour un instant. Un à un. Les battements de votre cœur.
Comprenez que ce sont eux, chacun d’eux, chaque instant, qui distille la Vie dans l’intégralité des cellules de votre organisme.

Levez les paupières.
Regardez.
Vraiment.
Savourez la mise au point presque parfaite. Prenez conscience de la série de filtre, de focus, d’objectif, de vos cils à vos rétines, qui travaillent avec la plus grande précision pour fabriquer le reflet des trois dimensions d’une réalité. Le contraste de toutes les teintes fabuleuses dont la lumière se drape. De l’or à la grisaille. Du fuchsia aux pastels. Dans la contemplation d’un regard, d’une aurore, d’un corps, d’une vallée, d’un voyage.

 

Taisez-vous.
Ecoutez.
Les murmures. La musique. Le silence.
Tous les bruits dont la vie fourmille. Cette voix qui résonne à vos oreilles comme aucune autre. Cet air qui remue l’âme, le passé, la mémoire. Ce bruissement que vous êtes seul à connaître. La respiration du monde.

 

Avancez.
En marchant.
En courant à perdre haleine.

Ressentez l’incroyable mécanique qui se met en marche à chaque foulée. La coordination parfaite de toutes les parties de votre corps, permettant la conservation d’un équilibre bipède pourtant bien précaire. Pour aller un peu plus loin. Même juste un peu. Même sans savoir vraiment où.

 

Fermez les yeux.
Ressentez.
L’apaisement des tiédeurs et la morsure du froid. Le vent qui emportera tout. La douceur d’une autre peau. La terre sous vos pieds. La souffrance abîmer votre âme. L’émotion vous tordre le ventre. D’autres forces vous réparer.

 

Faites-le vraiment.
Tous les jours.
Au moins une fois.
Prêtez attention à tout. La fleur du bord de route, le parfum qui vous enivre, la peinture du ciel, le délice sur votre langue, la chanson qui coule dans vos veines, les doigts qui se lient aux vôtres, l’amour qui rend tout supportable, quel que soit sa forme.
Redevenez candide, réapprenez les merveilles, rêvez, écarquillez les yeux, restez bouche bée, écriez-vous, révoltez-vous, accélérez, ralentissez, reculez, laissez l’audace dissoudre la peur, écoutez vos envies et vos contre-courants, ouvrez les fenêtres, faites sauter les verrous, oubliez les regrets, les cynismes, les jugements, les normes, les trop, les pas assez. Foutez-vous en.

Envoyez tout balader. Plantez-vous. Recommencez quand même.

Effondrez-vous et pleurez. Longtemps. Autant qu’il faudra. Autant que ça fait mal et jusqu’à ce que ça fasse du bien.

Souvenez-vous des essentiels et semez tout le reste.

 

Faites des dessins dans la buée,  faites décoller des avions en papier, délectez-vous de gourmandises, réfutez les conventions et les bien-pensances, faites des grimaces. Chantez à tue-tête. Contemplez les étoiles.

 

Et surtout, dansez… Avec le soir, sur un trottoir, en cachette, sur un fil, sous la pluie

 

Faites-le vraiment.
Tous les jours.
Au moins une fois.
Même quelques secondes.
Arrêtez-vous.
Et respirez.

Ici.
Maintenant.

Respirez.

Et rappelez-vous que vous êtes
Vivant.

 

Tous mes vœux pour 2020
En espérant vous retrouver bientôt par ici, vers ailleurs, et dans les interlignes.

Carole.

Partagez cela sur: